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Avec ferry Boat atelier, le graphisme et la communication se mettent au vert, en mode local et authentique.

2 associés motivés et impliqués, pour une interview passionnante.

Attablés devant un café à L’écomotive, aux pieds des escaliers de la Gare St Charles, nous baignons dans les bonnes odeurs du repas qui mijote. En face de moi, 4 yeux attentifs et prêts pour mes questions. J’aime leur présence et leur enthousiasme. C’est ma première interview, je me lance… Ils m’écoutent avec attention, je suis en confiance.

Tous les 2 vous avez créé l’année dernière un studio de création graphique avec une démarche écologique. Quel message vous souhaitez faire passer dans cette initiative ? Quelle trace souhaitez-vous laisser au monde ?
Jean-Christian  : Justement, le moins de trace possible [Rires] ! On voudrait que les gens regardent plus loin. Qu’ils changent de regard sur leurs habitudes, qu’ils sortent des normes et des standards. Nous, ce que nous souhaitons faire, c’est proposer une solution qui corresponde au client. Pas qui corresponde à l’imprimeur, mais réellement au client. Et ainsi on voudrait leur dire « pensez à vous, n’essayez pas de ressembler aux autres. Ayez confiance en ce que vous êtes. »
Sophie : On voudrait démontrer qu’on peut inventer de nouvelles manières de communiquer et de sortir des préjugés tels que « C’est pas parce que tu communiques différemment que tu seras moins visible. »

Sophie tu viens de l’univers de l’art et Jean-Christian du graphisme. Qu’est ce qui vous a poussé un jour à intégrer une dimension écologique et responsable au métier de la communication et du graphisme ?
JC : C’est une expérience commune. Nous avons été très surpris par le gaspillage réalisé pour un évènement auquel nous avons assisté : des tas de catalogues, de flyers imprimés juste « au cas où ». Aujourd’hui ils doivent pourrir dans un garage. C’est du gâchis écologique, des dépenses inutiles. Pour un impact nul sur la visibilité de l’évènement. Tous les 2 nous nous sommes demandé s’il n’y avait pas une autre façon de faire. Et nous nous sommes mis en tête de trouver. Voilà ce qui nous a embarqués dans l’aventure !
S : Ce qui m’a interpellé dans cette expérience, c’est que personne de l’organisation ne semblait sensible à cette sur-consommation. Pour la communication ils sont restés sur d’anciens schémas : pas responsable, pas conscient. Partant de là, il a été évident pour nous que la communication éco responsable devait être le meilleur cocktail entre les économies à réaliser, l’impact du message et la réduction de l’impact environnemental.

Vous proposez à vos clients une nouvelle façon de penser la communication. Qu’est-ce qui vous anime, vous nourrit le plus dans cette démarche ?
JC : Ce qui me plait profondément, c’est cette recherche d’équilibre entre les économies, la force du message et l’impact environnemental, en y ajoutant le beau par le graphisme.
S : Dans cet équilibre, il est important de trouver le message le plus juste, en restant dans la simplicité. Simplicité que ce soit au niveau des mots mais aussi dans les matières et les visuels utilisés. Ce qui me plait personnellement, c’est l’expérimentation, l’invention, trouver des nouvelles manières de faire. Etre sans cesse en recherche.
JC : La recherche c’est ce qui nous anime. C’est pour ça que nous avons choisi de l’appeler « Atelier » et pas agence !

Depuis vos premiers pas dans l’univers du graphisme et de la communication, avez-vous observé un changement dans le comportement des clients ou du public ? Les gens sont-ils plus sensibles et disposés à prendre soin de l’environnement dans ce domaine ?
JC : Parce que mon regard a changé alors je suis plus attiré par les personnes qui me ressemblent, qui sont plus sensibles à l’écologie. Je ne pense pas que le public ait changé. Le business et la norme prédominent. La communication reste un outil de vente, pas un reflet sincère de la réalité.
S : Je pense que la sensibilité est plus grande aujourd’hui mais certains stéréotypes sont encore ancrés : « l’utilisation du papier recyclé, c’est cher et c’est moche. ». C’est là qu’on a un rôle à jouer : convaincre que l’écologie et la communication c’est pas impossible.

Comment convaincre ceux qui pensent que l’écologie coute cher ou demande des efforts supplémentaires ?
S : Convaincre en proposant des petites étapes, des petits changements. Imaginons des degrés d’application de notre philosophie environnementale dans nos propositions : proposer de travailler en local, diminuer le nombre d’impressions, penser les supports de communication en écoconception (par exemple choisir une police qui consomme moins d’encre), penser le site internet pour qu’il soit moins lourd, choisir un hébergeur vert ou local, changer le regard sur l’esthétisme,…. C’est la somme des petits changements qui aura un grand impact.
JC : En proposant des alternatives plus écologiques à ce qu’ils font déjà, sans remettre en question leurs croyances, sans chercher à révolutionner quoi que ce soit. Ce qui compte c’est un pas en avant.

Je vois pas mal d’entreprises qui utilisent le « green » comme un argument de vente, mais on reste dans le business, la consommation et la vente de masse. Comment allier business et démarche écologique véritable ? Quel est votre regard sur ces entreprises qui pratiquent le « green washing » ?
JC : Nous sommes un atelier, pas une agence. Ce qui veut dire que nous sommes dans la recherche et l’accompagnement humain. On n’est pas là pour obéir à une norme « verte », mais pour être dans le vrai, l’authentique. On ne communique pas « pour plaire » ou « pour faire comme les autres », mais pour refléter au mieux ce que nous sommes. Je ne vendrai jamais des produits ou services si ça n’est pas dans les besoins du client.
S : Le green washing, c’est un terme explicite. C’est passer à la machine ce qui est pourri pour que ça paraisse plus propre. Nous cherchons des clients qui nous ressemblent et vice versa. C’est-à-dire dans une démarche véritable et authentique. Grâce à notre parcours en dehors des grosses agences de communication, nous n’avons pas cette vision de surconsommation dans notre métier.

Chaque demande de client est unique et vous aimez proposer une solution innovante et créative. Quel est votre plus beau projet, celui qui vous a le plu plut à mettre en œuvre ?
JC : Le nôtre ! Ça fait un an que nous sommes lancés dans les recherches, les rencontres. Nous sommes heureux, même si ça semble prendre plus de temps que prévu. C’est que nous sommes un atelier, nous faisons de la recherche !
Dans votre métier, vous être tournés spécifiquement vers les entreprises ou les organisations. Les particuliers pourraient souhaiter une telle approche pour leur communication personnelle : les faire part, les cartes de visites, les boites pour les dragées, etc… Avez-vous une idée pour orienter et aider ceux qui souhaitent avoir une démarche éco responsable ?
S : Nous pouvons leur proposer nos services aussi bien évidemment et trouver des solutions pour toutes leurs demandes. On pourrait faire des choses plus artisanales, ça peut vraiment être intéressant.
JC : La démarche serait la même que pour les entreprises, une solution au cas par cas.

L’éco responsabilité c’est de trouver des solutions à faible impact écologique, mais ça impose aussi de travailler en local. Quand les stratégies de développement sont à la mondialisation ! Comment vous appréhendez cette différence de stratégie par rapport à la masse ?
JC : Je pense que notre avenir sera meilleur si nous raisonnons en local. D’une part ça nous permet de connaitre les personnes avec qui on va travailler. Dans notre société nous négligeons trop vite le lien entre humains, et pourtant il est très important. D’autre part, ça permet d’être transparent dans le process de développement d’un projet. Enfin, je pense que toucher les matières, par exemple le papier, est bien plus agréable que l’informalité d’un écran ou d’un catalogue envoyé par la poste.
En réalité, notre message premier n’est pas le « discount ». On ne veut exploiter personne pour tirer le prix au détriment d’autres ou de la planète. Si on veut grandir, je ne suis pas contre l’idée de faire des bébés ; on pourrait imaginer d’autres ateliers qui s’ouvrent partout ailleurs, mais toujours en local. La crainte c’est vrai, c’est de se faire racheter par un groupe ou de subir la pression de la concurrence si notre projet cartonne. Mais nous resterons toujours fidèles à nos valeurs.
S : Je n’envisage pas un développement énorme. Sinon, notre projet perd tout son sens : échelle humaine, échelle locale ! La proximité permet d’avoir un contrôle sur les différentes étapes du projet, d’assurer une transparence. Et ça pour le client c’est rassurant. Un peu comme dans l’alimentation, avec la traçabilité de ce que vous mettez dans votre assiette.

Vous êtes lancés à 2 dans l’aventure. C’est 2 personnalités avec 2 points de vue différents. Comment gérer vous vos rapports, vos désaccords, vos conflits ? Comment vivez-vous les moments difficiles ?
S : [Petits rires] Météo personnelle et bâton de parole ! Ce sont les conseils qu’on nous a donnés, mais on les applique naturellement. On n’a pas eu de conflits. On est beaucoup dans l’écoute, dans l’échange de points de vue. On se questionne. On est honnête et on se dit si quelque chose ne va pas ou nous stresse.
JC : On se complète bien. On est ouvert aux idées de l’autre, on s’adapte, on discute. Ce qui fait cette relation c’est l’honnêteté : on dit ce qu’on pense, ce qu’on vit et l’inverse. On pense ce qu’on dit et on fait ce qu’on dit !

Le changement n’a rien de facile et effraie très vite. C’est caractéristique de l’être humain qui se sent en sécurité dans sa zone d’habitudes, de confort. Comment vous sentez vous si un client ne veut pas sortir de sa zone de confort ?
JC : Je ressentirais forcément un échec, mais je m’adapterais. Grace à l’écoute et au dialogue on arrivera peut-être à lui proposer une solution qui représente un petit pas. Il faut partir du principe que le changement c’est comme un chantier : avec plein de phases pour lesquelles il faut prévoir des étapes.
S : Notre force sera, sans bousculer le client, de le faire évoluer pas à pas. Sans le révolutionner mais en s’adaptant au client. On arrive de cette façon à faire passer un message, même subtil !

Je vous ai parlé de l’importance d’accompagner les démarches écologiques par une démarche de développement personnel. C’est aussi la philosophie du mouvement Colibri : tout acte écologique durable passe par une ouverture du cœur. Qu’est ce que vous pensez de cela ? Quelle est votre démarche, votre philosophie de vie personnelle ?
S : C’est l’addition de petites initiatives qui font le changement. C’est ce en quoi je crois. D’un point de vue très personnel, ce qui compte pour moi c’est de prendre du plaisir dans ce que je fais. Et de le partager.
JC : Ce projet c’est pour moi l’association de ce que j’ai étudié à l’école (la créativité et l’artisanat) avec mes valeurs personnelles : être à l’écoute des autres, la valorisation de la nature et le partage. Ma philosophie, c’est de voir constamment les choses différemment, sans pour autant révolutionner complètement ma façon de vivre. C’est un équilibre !

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